Il décide donc de les isoler en prenant par surprise la position de Mont Reveau
(Montrichard) où il fait construire immédiatement une forteresse. Il s'assure ainsi le contrôle
de la vallée du Cher. En 1011 il part pour Jérusalem. Dès son retour, il repart à l'attaque,
menaçant directement la ville de Tours. Le Comte de Blois se décide à agir ...
... nous sommes le 6 juillet 1016 ...
Eudes réunit son armée et part de Blois vers Montrichard en empruntant l'ancienne voie
romaine. Foulques Nerra le devance en utilisant l'autre voie romaine jusqu'à l'abri de la Forêt
de Sudais. En arrivant à l'entrée de Pontlevoy, l'armée du Comte de Blois se heurte à celle
du Comte d'Anjou sortant des bois.
Le choc est terrible et la lutte est sans pitié ! Au début de la bataille les blésois ont
l'avantage car Foulques Nerra est désarçonné et blessé. Ses troupes commencent à battre
en retraite... jusqu'à l'arrivée providentielle de Herbert Éveille Chien, allié du Comte d'Anjou,
et de ses cavaliers. Le sort de la bataille s'en trouve changé. Les troupes fraîches font
fléchir l'armée blésoise, et c'est la fuite sous les coups des Angevins. Comme le dit la
Chronique, ceux-ci les "taillèrent en pièce à loisir" !
Il y eut plus de 6 000 morts et prisonniers ! C'est une des plus grandes batailles de l'époque
! De nos jours, un lieu marque cet endroit, le lieu dit du "Champ de Bataille" au nord est de
Pontlevoy.
On peut se demander ce qu'il se serait passé si la victoire avait changé de camp. Car après
cette bataille, les Comtes de Blois ne purent jamais arrêter les Comtes d'Anjou. Or ce sont
les descendants de la Famille d'Anjou qui céderont le Comté d'Anjou à Henri III
d'Angleterre...
Si le Comte de Blois avait gagné, peut-être n'y aurait il pas eu de droit aux
Anglais sur la France, pas d'occupation anglaise, pas de Guerre de Cent ans... et qui sait
encore ? ...
Pontlevoy est un de ces endroits où l'Histoire de France s'est jouée.
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Foulques III Nerra (Le Noir)
970-1040
Sa famille
Foulques Nerra est le fils de Geoffroy Grisegonelle, Comte d'Anjou, et
d'Adèle de Vermandois. A la base de l'essor de la Maison d'Anjou, prolongé en cela par son fils Geoffroy I Martel. Foulques a été Comte d'Anjou pendant 53 ans de 987 à 1040.
Marié à trois reprises, il épousa en première noce Elizabeth de Vendôme, fille du Comte Bouchard de Vendôme, le premier des fidèles du Roi de France Hugues Capet. Cette alliance faisait bénéficier Foulques du réseau d'influence du Comte Bouchard (en Vendômois mais aussi en Touraine où Bouchard possédait Nouatre). Il eut d'Elizabeth une fille Adèle dont descendent les Comtes de Vendôme.
En seconde noce il épousa Agnès de Blois, fille de Thibault le Tricheur Comte de Blois, et soeur d'Eudes I de Blois son grand rival.
Enfin en troisième noce il épousa Hildegarde, issue d'une grande famille Lorraine et dont il eut Geoffroy Martel.
Son Caractère
C'est un personnage hors du commun dans l'histoire du Moyen Age, alternant piété et cruauté, pénitence et crime. Il a fait quatre fois le pèlerinage de Jérusalem pour expier ses péchés. Dans l'Eglise de Beaulieu-les-Loches qu'il a fait construire, on montrait un fragment de pierre du St Sépulcre qu'il aurait arraché avec ses dents en la baisant. Mais ce fut avant tout un fin politique, un bon administrateur et un grand bâtisseur, capable de se concentrer sur l'agrandissement de son domaine.
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Gueldouin
Fondateur de l'Abbaye de Pontlevoy en 1034
Extrait d'une notice historique et descriptive sur Pontlevoy, écrite par l'Abbé PASCAL en 1836
Après le brillant succès de la bataille de Pontlevoy, qui vit Foulques-Nerra, battre le comte de Blois Eudes et son allié Gueldouin, brave danois, que son audace martiale avait fait surnommé "le démon de Saumur", celui-ci fut chassé du château de Saumur qu'il commandait par ledit Foulques. En retraite, Gueldouin vint se fixer à Pontlevoy et Eudes de Blois pour le remercier, lui offrit, à sa demande, un coin de terre situé sur un monticule qui domine la Loire, entre Blois et Amboise : ainsi est né le château de Chaumont.
Une tradition respectable nous apprend que dans le sein d'une paix forcée Gueldouin repassa dans sa mémoire les hasards qu'il avait courus pendant sa vie si tumultueuse.
Il se souvint que, se trouvant en mer au milieu d'une furieuse tempête, et dans un péril imminent, il avait invoqué la bienveillante protection de Marie, et que la mère du Dieu de miséricorde lui était apparue et l'avait arraché à une mort certaine.
La reconnaissance était donc un devoir pour Gueldouin qu'il s'occupa de remplir. Sa terre de Pontlevoy lui parut propre à l'accomplissement de ses pieux desseins.
Ecoutons-le ce cinquième jour des ides de juillet de 1034 :
"En plusieurs endroits des livres sacrés, il est dit que c'est un acte de grande prévoyance pour l'avenir, à un catholique touché d'une compoction excitée en lui par la grâce divine, de donner quelque partie de ses possessions à notre sainte mère l'église pour l'exercice du culte sacré.
Ainsi donc, moi Gueldouin, chevalier, voué à la profession des armes, fermement convaincu de ces vérités incontestables, afin d'obtenir le pardon de mes pêchés et d'obtenir le bonheur éternel, je donne, par ces pieux motifs, à l'église notre mère, pour le bien commun de tous les orthodoxes, une partie de mes possessions, quoique ce ne soit pas aussi considérable que je devrais. En conséquence, je transmets à perpétuité, librement et aussi absolument que j'en suis reconnu légitime possesseur, aux moines qui y sont appelés pour servir Dieu, les églises que je possède à Pontlevoy, l'une dédiée à la Vierge Marie mère de Dieu, l'autre à Saint Pierre, prince des apôtres, dont l'autel est tenu par moi, à titre de vicaire.
L'année suivante, Ansbert, premier abbé de Pontlevoy, en accepte la donation et dès ce moment le monastère de Pontlevoy prend le titre de Notre-Dame-des-Blanches.
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